Quelles sont les limites éthiques de la biologie de synthèse ?

                Précédemment explicité dans notre article, la biologie de synthèse se révèle être un domaine plein de promesses et de prouesses technologiques, mais ces avancées peuvent aussi effrayer. En France, par exemple, le sujet des organismes modifiés (animales comme végétales) est un sujet à controverse. Comment perçoit-on alors les organismes produits ou crées par la biologie de synthèse ? Il existe une peur générale des organismes modifiés par les personnes non initiés au monde scientifique. Souvent, on peut penser à tort que ces organismes peuvent devenir hors de contrôle et dangereux  pour l’homme. La biologie de synthèse étant un domaine de recherche assez récent, on peut se demander quels sont ses aspects éthiques importants à considérer.

La relation au vivant et sa simplification

              Avec l’émergence de la biologie de synthèse, la définition du vivant est quelque peu modifiée. Dans ce domaine, les chercheurs sont capables de créer ou de modifier des organismes en insérant tout un génome artificiel dans un organisme déjà existant. Ou encore de créer des organismes entiers de manière artificielle.

             On peut alors se demander si ces modifications engendrées par l’homme n’ont pas un impact sur la nature de l’organisme. Peut-on considérer un organisme comme vivant si ce dernier est partiellement ou totalement créé de manière artificielle ?

           La biologie de synthèse considère ces « objets » comme vivants car ils sont construits à partir d’une cellule, l’élément fondamental de la vie. Ils possèdent des propriétés d’auto-organisation et des processus similaires à l’auto-réplication comme celles des êtres vivants. C’est pourquoi on pourrait se dire que ces organismes sont « vivants ».

La question de propriété intellectuelle

                    En sciences, la question de propriété intellectuelle est récurrente. Dans le cas de la biologie de synthèse, tous les objets peuvent être brevetés, c’est-à-dire qu’on confère au titulaire du brevet, un droit d’interdire à un tiers, l’exploitation de l’invention objet du brevet à partir d’une certaine date et pour une durée limitée [2]. Dans ce domaine de recherche, gènes, plasmides, bio-briques, circuits génétiques sont tous des objets brevetables.

                   Cependant,  on ne peut pas vraiment définir ces éléments comme découvertes, puisqu’ilsne sont pas inconnus, ils existent déjà. En effet, une découverte scientifique est appuyée par des publications qui sont en libres accès pour ceux qui le souhaitent. On peut alors considérer ces connaissances appartenant à tous, et n’ayant donc pas de propriétaire. La question de la brevabilité des objets en biologie de synthèse reste assez épineuse car dans ce cas, on crée des inventions organiques. On peut alors se demander s’il est acceptable d’être propriétaire d’un être vivant  et qu’en est-il de son contenu génétique ? Dans ce dernier cas, on peut se demander si le contenu génétique appartient à l’organisme même ou à celui qui l’a modifié ?

                   Comme la biologie de synthèse est confrontée à ces nombreux questionnements, elle nécessite l’existence de comités d’éthique pour tenter d’y répondre.  Ces comités permettent de définir les limites de la biologie de synthèse sur les aspects éthiques et sanitaires. En biologie de synthèse, il est possible de tout faire, ce n’est pas pour autant que c’est éthique de tout faire. Il ne faut pas oublier que ne pas freiner raisonnablement la science peut empêcher des débordements tels que les expérimentations inutiles sur des êtres vivants.

                    Il est également important que dans cette démarche d’éthique, les chercheurs aient une part d’action majeur. La vulgarisation scientifique est une arme puissante qui permet de familiariser le public non initié aux découvertes réalisées en sciences, pour mettre en avant les avancées et les nouvelles questions éthiques qu’on peut se poser.

Savandara et Lily

Literature Cited:

[1] : 5e avis sur la biologie de synthèse. Comité consultatif commun d’éthique pour la recherche agronomique. INRA – CIRAD.(2014)

[1] : Définition d’un brevet – https://fr.wikipedia.org/wiki/Brevet

Cet article reprend le travail sur l’éthique en biologie de synthèse par l’équipe iGEM Bordeaux 2015.
http://2015.igem.org/Team:Bordeaux/ethics

 

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